HélioThéâtris

 
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Message Vendredi 26 Avr 2013 12h07 Répondre en citant

HélioThéâtris


Héliopolis était une cité calme mais qui vivait toujours dans la tristesse. En effet tous les habitants étaient malheureux car une terrible malédiction les avait envahis. Il y a de nombreuses années, trois jeunes femmes qui étaient les plus belles de la cité dansaient lors d’un bal en l’honneur du nomarque Hélios. Mais cet homme ingrat les regardait à peine, il jetait de temps en temps quelques coups d’œil arrogants dans leur direction, leur montrant par un mouvement de bouche étrange qu’elles lui donnaient envie de vomir. Les jeunes n’appréciaient pas ce comportement envers elles, mais surtout ne le comprenaient pas car tous les hommes avaient l’habitude d’être à leurs petits soins tellement leur beauté leur permettait tout.





Le nomarque s’amusait avec sa voisine qui lui faisait de l’air avec du roseau, touchant ainsi les quelques morceaux de peau qui dépassaient de sa tunique légère et déchirée. Cette jeune femme qui suscitait tant l’attention du nomarque n’était autre que la cousine détestée des trois jeunes femmes. La soirée se terminait et les trois créatures rentraient bredouille, n’ayant même pas obtenu quelques debens ou bijoux de l’homme le plus riche et convoité de la cité.


Elles rendirent donc visite quelques minutes plus tard à la sorcière du village et jetèrent un sort maléfique sur toute la cité pour punir le nomarque de son indifférence envers elles. Cette malédiction arriva le lendemain matin, lorsque les trois sœurs quittèrent la cité. Le soleil ne se leva pas, seul un ciel gris, lourd et pesant s’abattit sur la cité du grand Héliopolis.


Un jour le fils d’Héliopolis, issu de l’union entre le célèbre nomarque et la cousine des trois sœurs, décida que cette horreur ne pouvait plus continuer. Les hommes étaient blancs, fades, ils ne prenaient plus de plaisir à rien et finissaient tous par mourir , très jeunes, de maladies autrefois inconnues. Il créa donc sur tout le pan d’une colline des petits murs servant de siège et ,en bas de ce bout de terre, éleva de grandes pierres qui formaient un merveilleux cadre. Il installa au pied de ces pierres géantes des morceaux de roseaux pour donner l’illusion d’un sol. Il appela ce lieu un théâtre.


A partir de ce jour, il donna , avec des membres de sa noble famille, des représentations de scènes folles et déjantées, il permit à des jeunes gens plein de talents de clamer leurs poèmes, de réciter quelques contes oubliés. Cet amusement captivait toute la cité, et redonnait le sourire aux habitants, qui , après ces événements, donnèrent de grandes fêtes. Mais le soleil ne revenait toujours pas dans ce bas monde et le jeune fils d’Héliopolis désespérait.


Il demanda donc à son père, terriblement âgé et en début de maladie, de se déplacer pour inaugurer ce théâtre qui reposait en ses terres. Le père ne voulait pas car il se sentait faible mais son fils réussit à lui donner la force et le courage d’écrire un poème en cet honneur. Le vieux nomarque scanda devant toute l’assemblée ces quelques vers :
Le soleil n’est que merveille,
Mais de tout temps il s’en est allé.
Cette horreur nous a dévastés,
Le chagrin s’évapore seulement au sommeil.
Lumière du ciel, reviens-nous, reviens-moi ici-bas.



Le lendemain matin, les habitants se réveillaient tranquillement, quand ils virent une lumière filtrer à travers les nattes de roseaux qu’ils mettaient pour fermer leur demeure chaque nuit. Ils poussèrent les nattes avec hâte et découvrirent tous un délicieux soleil. Le plus beau de tous tellement cette chaleur-là, cette lumière vive leur avait manqué.





Le jeune fils d’Héliopolis courait à toute vitesse vers la noble maison de son père pour lui annoncer la nouvelle. Il voulait le réveiller pour lui montrer cet immense bonheur, mais lorsqu’il entra dans la chambre de son père, celui-ci était assis en direction de sa fenêtre les yeux fermés et le corps pâle. Le jeune Héliopolis vit son père mort mais le remercia de cette lumière qu’il avait redonnée à la cité en se laissant emporter par la maladie.


Mc


"On se trouve toujours des excuses pour vivre." Boris Vian
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